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Petite histoire de la

QUALITÉ DE L'AIR

à Rouyn- Noranda

En 1922, s'installait en Abitibi la " Noranda Mines Limited " qui devait ouvrir la mine Horne afin d'y extraire surtout du cuivre. La Noranda Mines Limited donna son nom à la ville. L'année suivante elle construisit sur ce site une fonderie, qui allait cracher graduellement au cours des décennies, des millions de tonnes d'anhydride sulfureux et de métaux lourds dans l'atmosphère.

Le développement minier de l'Abitibi connaît un essor fulgurant.

Dans les années '70, la mine Horne de Noranda devient un des plus importants producteurs de SO2 de la planète.

En 1978, le Comité Permanent sur l'Environnement à Rouyn-Noranda voit le jour afin de porter des actions pour améliorer la qualité de l'air et demander une réglementation plus sévère de la part des gouvernements.

Aujourd'hui, la compagnie Métallurgie du Cuivre Noranda possède une usine de récupération d'acide sulfurique opérationnelle depuis 1990. Le taux actuel de récupération de SO2 serait d'environ 70%. Cependant, ce taux de réduction ou de récupération est calculé à partir de 1980, année étalon fixée par la loi, où plus de 540 000 tonnes de SO2 étaient émis dans l'atmosphère.

En 1997, les émissions d'anhydride sulfureux dans l'atmosphère sont évaluées à 150 000 tonnes annuellement. Métallurgie du cuivre Noranda prévoit réduire à 90% les émissions d'anhydride sulfureux dans l'air d'ici la fin de l'an 2001. Il est évalué qu'environ 50 000 tonnes seront rejeté annuellement. Par comparaison, la grande région de Montréal produit 23 000 tonnes de SO2 par année !

Voici les :

PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS EN RAPPORT AVEC LA LUTTE

AUX CONTAMINANTS ATMOSPHÉRIQUES

À ROUYN-NORANDA

AU COURS DES VINGT DERNIÈRES ANNÉES

1975: Fondation du " mouvement antipollution par les résidus miniers " qui s'intéresse particulièrement aux problèmes de pollution de 1'eau et du groupe " Gobair " qui, lui se préoccupe de la qualité de l'air.

1976 : Les deux groupes s'affilient pour former le "mouvement antipollution de Rouyn-Noranda" (M.A.P.) qui mène une campagne d'information et de sensibilisation dans les médias et rencontre différent organismes. Plus de 5 000 personnes signent une pétition et appuient le M.A.P. dans ses démarches visant à faire appliquer les normes permettant d'améliorer la qualité de 1'environnement et de la vie dans le secteur de Rouyn-Noranda.

Le M.A.P. appuie une trentaine de citoyens dans leurs réclamations en dommages et intérêts envers la compagnie Noranda pour les dommages causés à la végétation arborescente et jardinière résultant des retombées de fortes concentrations d'anhydride sulfureux.

1977: Suite aux pressions du M.A.P., le ministre délégué à l'Environnement demande au Bureau d'Études sur les Substances Toxiques (B.E.S.T.) d'entreprendre une étude globale d'intoxication du milieu et de proposer une stratégie d'intervention qui tiendrait compte des aspects sociaux et économiques de la dépollution.

1978 : Le ministre délégué créé le Comité Permanent sur 1'Environnement à Rouyn-Noranda qui a pour mandat de représenter, d'informer et de consulter la population sur le projet " Environnement Rouyn- Noranda " et d'assurer un rôle de liaison entre les autorités gouvernementales et la population.

1979: Le CPERN remet aux organismes de la région les volumineux rapports d'étude du B.E.S.T., distribue au public des brochures de vulgarisation et tient des réunions d'information.

1980: Le CPERN tient des audiences publiques, 36 organismes et un citoyen y présentent des mémoires. Une très grande majorité des intervenants qui se sont prononcés sur la question, recommandent la construction d'une usine d'acide sulfurique pour réduire les émissions d'anhydride sulfureux. (Le comité s'incorpore et obtient sa charte)

1981: Le CPERN rend public les résultats du sondage scientifique d'opinions sur 1'environnement dans la région de Rouyn-Noranda. Les deux tiers des répondants font de la proposition visant à purifier l'air, leur premier choix dans les priorités à établir.

Le CPERN remet son rapport final et complète ainsi le mandat initial qui lui avait été confié. Il informe le ministre de l'Environnement qu'il a l'intention de continuer à œuvrer jusqu'à ce que l'on mette en application les nombreuses recommandations issues des études et de la consultation populaire. (Octroi des lettres patentes du CPERN)

1982: Le ministre de l'Environnement émet une ordonnance à Mines Noranda obligeant cette dernière à transmettre les plans et devis d'une usine d'acide sulfurique, ou de produire les résultats d'une expérience pilote de production de sulfate de magnésium à partir de résidus d'amiante et d'anhydride sulfureux.

1983: L'étude des spécialistes du Mount Simai de New-York, portant sur 1'état de santé des travailleurs de la compagnie Noranda, est rendue publique. Le rapport médical constate que les excès de cancer du poumon diagnostiqués (cinq à dix fois supérieure aux prévisions) résultent de l'effet combiné et multiplicateur de produits toxiques tels le plomb, le cadmium, l'arsenic et le souffre qui dépassent souvent les normes gouvernementales.

Le projet sulfate de magnésium est relégué aux oubliettes après expérimentation. Le ministère de l'Environnement annonce qu'il entreprend d'intenses négociations avec Mines Noranda sur la base du procédé de fabrication d'acide sulfurique.

1984: Les productions " Abitibi blue print " présentent le film " Noranda " où l'impact de la pollution sur l'être humain.

À la fin de 1'été 1984, par ordonnance, le gouvernement du Québec imposait à Mines Noranda de réaliser une étude de faisabilité dont l'implantation d'une usine d'acide sulfurique et la modernisation de la Fonderie Horne étaient les volets principaux.

Suite à la diffusion du film " Noranda ", le CPERN et un comité ad hoc de citoyens(nes,) organisent différentes activités de sensibilisation auprès de la population : pique-nique de l'air pur en juin 1984 (200 personnes), marche "pour avoir bonne mine' en septembre 1984 (plus de 400 personnes). Le CPERN présente également en mars 1984, un mémoire aux audiences du comité canadien sur les pluies acides.

1985: Le ministre provincial de l'environnement adopte, en janvier, un nouveau règlement obligeant Mines Noranda à récupérer 50% de ses omissions de SO2 d'ici 1989.

Le CPERN invite en février 1985, le ministre provincial de l'Environnement (Adrien Ouellette) à un souper conférence pour lui faire-part de l'insatisfaction de la population de Rouyn-Noranda face l'adoption du nouveau règlement. Plus d'une centaine de personnes sont présentes.

Le CPERN rédige un mémoire sur la qualité de l'air à Rouyn-Noranda et le présente à la MRC de Rouyn-Noranda.

Le 22 novembre 1985, avait lieu une marche 'Requiem du lac Osisko" organisée par des jeunes de Rouyn-Noranda.

1986 : Le CPERN tient son assemblée générale annuelle et invite deux conférenciers sur le thème de l'impact des pluies acides sur les forêts de feuillus et de conifères. Près de cinquante personnes sont présentes.

Dans le cadre de l'opération du Sommet socio-économique au colloque de zone de Rouyn-Noranda, les projets présentés par le CPERN sont appuyés de façon non équivoque par des représentants de tous les milieux sociaux et économiques. La principale revendication, soit la réduction de 80% des émissions de SO2 de la Fonderie Horne, s'est classée en tête de liste de tous les projets priorisés par la zone et retenue parmi les 60 projets priorisés au forum de novembre 1987.

Le CPERN obtient une rencontre avec le ministre Lincoln de passage dans la région en septembre.

1987: En mars, conférence de presse à Montréal annonçant la construction d'une usine d'acide sulfurique et 1'entente tripartite (fédérale, provinciale, entreprise).

Mai, le CPERN présente un mémoire au comité canadien contre les pluies acides (députés fédéraux qui siégeait exceptionnellement à Rouyn-Noranda (à la demande de Gabriel Desjardins) et accompagne le comité dans sa visite de la Fonderie Horne.

Juin, Mines Noranda invite le CPERN à une séance d'information sur la future usine d'acide sulfurique.

14 août, les retombées de SO2 sur une partie de la ville (Montée du Sourire), ont atteint 2,6 ppm, c'est-à-dire jusqu'à six fois la quantité permise. Un comité de quartier est créé, deux assemblées publiques (environ 80 personnes) ont lieu. Le CPERN agit comme "personne ressource" auprès de ce comité. En décembre, la presque totalité des cas avaient été réglés (hors cour) à la satisfaction des réclamants.

En juin, le CPERN distribue des autocollants "Si la boucane te tanne" (no de téléphone du MENVIQ et de Mines Noranda) à rejoindre lorsque les citoyens désirent déposer une plainte sur la qualité de l'air. La distribution s'est fait dans les quartiers les plus touchés par les émanations (quartier Dallaire, Montée du Sourire et Notre- Dame).

1988: Les 10 et 11 mai, le Devoir sortait des articles chocs dénonçant 1'entente tripartite concernant le financement de l'usine d'acide sulfurique où les prêts gouvernementaux seraient en fait des subventions déguisées. Le CPERN écrit au ministre Lincoln pour dénoncer ces subventions déguisées (lettre publiée dans le Devoir).

Le CPERN assiste à trois visites guidées du chantier de construction de l'usine sur invitation de Minéraux Noranda.-

Septembre, fumée rose, le CPERN relance la question de la non-surveillance environnementale de l'incinération des rebuts contenant du cuivre par la Fonderie Horne (lettre au bureau régional en octobre)

1989: Mars, lettre au ministre Bacon sur la question de l'incinération des rebuts contenant du cuivre et conférence de presse par le CPERN En juin, deuxième lettre au ministre (transmise aux médias). Réponse insatisfaisante du ministre. Lettre au ministre Paradis en novembre sur cette question.

Novembre, le CRSSS dévoile les résultats de son étude sur la contamination au plomb du sol du quartier Notre-Dame et les résultats de plombémie des enfants de ce quartier. Un comité de citoyens est créé, le CPERN en fait partie.

1990: L'usine d'acide sulfurique est mise en marche au début de l'année.

Cinq municipalités, de la MRC appuient les revendications du CPERN (récupération maximale de SO2 et air de qualité en tout temps).

Minéraux Noranda informe le CPERN de son projet de fermeture des fours à réverbères et son projet d'injection de concentrés par lequel 1'entreprise vise à récupérer 70% des émissions de SO2 d'ici quelques années.

Juillet, le CPERN suspend son projet de poursuite en recours collectif contre Minéraux Noranda.

Août, le cabinet du ministre Paradis nous répond à la question de la non-surveillance environnementale de l'incinération des rebuts contenant du cuivre par la Fonderie Horne (réponse insatisfaisante).

Le comité de citoyens du quartier Notre-Dame travaille avec la Ville et différents intervenants dont Minéraux Noranda, (comité conjoint) sur la question de la décontamination du quartier. En été, plusieurs terrains du quartier sont décontaminés.

1991 : En janvier, Minéraux Noranda est acquitté suite à une accusation portant sur un dépassement majeur de SO2 dans l'atmosphère. L'accusation date du 14 août 1987 où des dommages divers ont été enregistrés surtout dans le quartier Montée du Sourire. Le CPERN se dit nullement surpris de la décision du juge dans cette affaire. De même, le comité souligne que l'accusation date déjà de plusieurs années et que la compagnie démontre, depuis ce temps, une plus grande préoccupation environnementale.

1992 : En juin, le nouveau directeur de Métallurgie du Cuivre de Noranda, M. Bédard, annonce officiellement une réduction d'émission d'acide sulfurique de 90% et plus d'ici l'an 2000. Le CPERN est très satisfait de ces propos.

1993 : Métallurgie du Cuivre rend public son troisième rapport annuel sur l'environnement. L'entreprise dit avoir réduit de 7% ses rejets de métaux dans l'atmosphère par rapport à 1991.

1994 : Le CPERN assiste à une réunion d'information sur les efforts passés et futurs par Métallurgie du Cuivre pour diminuer ses émissions. Le CPERN se réjouit des efforts marqués de la compagnie. Le taux actuel de récupération de SO2 serait de 70%. Cependant, ce taux de réduction ou de récupération est calculé à partir de l'année 1980, année étalon fixée par la loi, où plus de 540 000 tonnes de SO2 étaient émises dans l'atmosphère. Un communiqué a paru dans les journaux locaux à cet effet.

1995 : En novembre, le CPERN envoie une lettre à Métallurgie du Cuivre lui demandant une séance publique d'information sur le développement du plan de réduction d'émission atmosphérique de SO2 annoncé en mars 1994. La Compagnie répond positivement à notre requête. Une rencontre est prévue en janvier 1996

1996 : Le 9 janvier, le comité se fait inviter par la compagnie à une rencontre privée. Puis, suivait une conférence de presse le 11 janvier suivant. La compagnie consacrera 53.3 millions de dollars à son programme de SO2. L'Investissement dépassera les $100 millions d'ici l'an 2002. Un nouveau type de convertisseur sera construit. Le bâtiment abritant le réacteur sera agrandit et divers travaux reliés à l'alimentation et à la collecte des gaz seront réalisés. Il s'agit d'une étape importante pour arriver à la réduction de 90% des émissions atmosphériques d'ici la fin de l'an 2001. Aujourd'hui, les émissions de SO2 atteignent 150 000 tonnes par années, 90% de réduction équivaut à l'émission de 50 000 de SO2 par année. Par comparaison, la grande région de Montréal produit 23 000 tonnes de SO2 par année !

Le CPERN s'interroge à savoir si la compagnie aura à débourser la totalité des $100 millions requis pour l'investissement ou si elle pourra plutôt éviter de rembourser des prêts de $83 millions consentis par les gouvernements en 1987. Le comité interpelle la compagnie ainsi que les ministres provincial et fédéral de l'environnement pour connaître les conditions de l'entente tripartite.

En août, le comité rencontre la compagnie qui accepte de nous donner de l'information. Insatisfait, le comité continu ses démarches.

En décembre, le CPERN et Métallurgie du Cuivre se rencontrent à Montréal pour une médiation arbitrée par la Commission d'accès à l'information. La médiation échoue, le CPERN veut poursuivre les démarches mais les sous manquent.

En août, une neige tombe sur le quartier Notre-Dame. Il s'agit d'un nouveau procédé mis à l'essai par la mine qui contient du soude. Cela n'a pas de conséquences grave et la compagnie met fin à l'essai.

1997 : En janvier, le comité fait parvenir une lettre de désistement tout en demandant à la compagnie plus de transparence et d'ouverture face à la population Rouyn-Norandienne.

Février, la compagnie annonce qu'aucun dépassement de la norme horaire n'a été enregistré. C'est une première !

En mai, le comité assite à une journée "porte ouvertes". Une visite permet de voir le nouveau convertisseur et les nouvelles installations. Nul doute que ces innovations vont améliorer les vieux convertisseurs qui datent du début du siècle. Un bilan environnemental est alors présenté. Le comité félicite l'entreprise pour cette initiative.

Le CPERN est invité au souper annuel de l'Association minière du Québec à Rouyn-Noranda.

1998: 8 Mai, inauguration du nouveau convertisseur Noranda à la Fonderie Horne. Le convertisseur fonctionne actuellement à 40% de sa capacité. Noranda prévoit une fixation de 90% de SO2 à l'an 2002.

30 mai 1998 :

"Fête de l'environnement à Rouyn-Noranda et célébration des 20 ans du CPERN !

1978-1998: 20 ans...et un environnement qui respire l'avenir !

Comité Permanent sur l'Environnement à Rouyn-Noranda

C.P. 218, Rouyn-Noranda (Qc), J9X 5C3.

Téléphone: (819) 797-4281